Un peu d’histoire

Saint-Zacharie plonge ses racines dans un passé très reculé. Les hommes du néolithique sont peut-être les premiers occupants du sol Zacharien. Près de Saint-Zacharie, sur les flancs Est du Régagnas s’ouvre dans les dolomies jurassiques un grand abri. A gauche de cet abri se trouve une petite galerie où ont été découverts des ossements humains et de nombreux objets : c’est une sépulture sous grotte comparable à celles de Lascour et de Sainte-Claire. De même les “ tufs ” (terrains) qui bordent l’Huveaune renferment une abondance de documents de cet âge.

Suite à cette période néolithique on aborde une période de transition celle des Celto-Ligures avant de recevoir des colons Romains. A Saint-Zacharie et aux environs on a retrouvé de nombreux vestiges de cette occupation romaine. Ainsi plusieurs “ villas ” romaines très riches et populeuses s’élevaient sur les rives et près des sources de l’Huveaune, dans la délicieuse vallée de Saint-Zacharie.

Après les invasions, les occupations suivies de destructions, ce sont les épidémies qui désolent la Provence et il est fort probable que la vallée de l’Huveaune fut elle-même ravagée par ce fléau.
Au IXème siècle la région est occupée par les Maures. Saint-Zacharie s’appelait alors Rastoin et était constitué de quelques huttes construites autour d’une église, celle du VIIème siècle qui existait sur l’emplacement de celle actuelle.

Tout fut rasé et démoli lorsque Guillaume, comte de Provence, appelé le libérateur commença à  chasser les sarrasins de Provence.

En 1030, un prêtre accompagné de deux ou trois moines vinrent prendre possession des ruines de la vieille église et en août 1034, le hameau de Rastoin devenait le village de Saint-Zacharie.
Un monastère et une église restaurée dédiée à Saint-Zacharie, furent les fondements du nouveau village formé de trois localités autrefois distinctes :
Orgnon-Rastoin-La Canorgue.

HISTOIRE GÉNÉRALE

C’est, bien sûr, la présence d’une argile riche sur le territoire de la commune qui est à l’origine de la terre cuite à Saint-Zacharie.
L’argile est là, sous nos pieds ! Il suffisait de se promener dans la campagne environnante, pour apercevoir, ici et là, de nombreuses carrières.
L’argile est la matière première des céramistes qui, depuis des générations et des générations, l’ont utilisée.
Il n’est pas douteux que les Romains aient eu recours à cette précieuse terre pour fabriquer leurs premières amphores.

Depuis le Xème  siècle, Saint-Zacharie produisait tuiles, briques et poteries à usage domestique.Mais c’est au XVIIème siècle  que le village est devenu une des capitales de la céramique, grâce à Pierre TOCHE, ouvrier céramiste de Moustiers, qui, un beau jour de 1634, décide de s’installer à Saint-Zacharie, ville renommée pour ses argiles d’excellente qualité. Il donne une orientation nouvelle à cette industrie, il apprend aux artisans locaux à fabriquer des articles de poterie de grande qualité, plats, cruches, vases ainsi que les carreaux vernis et non vernis de diverses couleurs, mallons, tuiles et briques.

Le succès ne tarde pas à couronner les entreprises et, très vite, les « Tarailles » de Saint-Zacharie acquièrent une très bonne renommée régionale.

La croissance de l’activité céramique, dans la Vallée de l’Huveaune, s’accélère à l’aube du  XVIIIème siècle. C’est un minimum d’une vingtaine d’ateliers qui œuvrent à Saint-Zacharie !
Peu à peu les usines créées  furent prospères jusque vers 1920. Certains documents conservés permettent de se faire une idée de la profession. En sortent alors de telles quantités de terres cuites, que naît une véritable « APPELLATION ST-ZACHARIE ».
Ces fabricants de briqueterie et poterie y travaillent eux-mêmes, coopèrent entre eux dans une très bonne entente. Dans les années 1890, il existait une « Union des Fabricants de Céramique de Saint-Zacharie ».
Plus tard,  de 1910 à 1914,  se créée la « SOCIETE GENERALE CERAMIQUE DE SAINT-ZACHARIE ».

Les usines occupent un très grand nombre d’ouvriers, soit pour l’extraction des argiles, soit pour la fabrication de ces divers objets, leur préparation, leur transport, soit encore pour la coupe et le morcellement des bois nécessaires au chauffage des fours à cuire les poteries et briqueteries.

Le village est une véritable ruche ! Cette industrie est, pour plusieurs fabricants, la source d’une certaine richesse et, pour tous, celle d’une nouvelle aisance depuis la paix de 1815.

Le XXème siècle naissant, qui voit une belle diversification dans les carreaux engobés ou émaillés aux décors virtuoses, brille des derniers feux d’une aventure artisanale et industrielle qui inexorablement s’essouffle et vient à mourir, avec, en 1981, la fermeture de PROCERAM, transféré d’Aubagne à Saint-Zacharie trois ans à peine auparavant, puis des usines de la Société des Tuileries de Marseille en 1982 et de Pierre BOUTAL en 1985.